Un faux pas, et les voyageurs pas encore aguerris finissent noyés dans l'eau croupie
Leur chair se détache facilement après quelques jours, et prend un délicieux goût de fruit
Dans le paradis des grenouilles et des vipères, aucun être un peu sensé ne s'aventure
Pourtant, au bout d'un sentier invisible, barré de souches et de ronces, une clairière
Déserte et silencieuse, protégée partout d'arbres étranges aux couleurs d'automne
Au centre, un cercle de pierres recouvertes d'une mousse humide et odorante
C'est là que viennent s'éteindre tous les arcs-en-ciel, sans doute, mais point de trésor
Simplement une hirondelle, nichée sur une branche, vous fixe à travers une toile d'araignée
Son oeil noir de basalte lance une invitation à pénétrer dans les entrelacs
Un chemin s'ouvre dans la mangrove, le bosquet écarte ses gardiens d'épines
Haletant, pour ne pas perdre de vue l'oiseau de fortune, une course s'engage
Le ciel se fait menaçant, quelques gouttes sur le visage, et le rire d'une dryade
Combien de temps à courir dans la gueule du serpent, parmi les furoles
Et enfin l'hirondelle se fixe, sous une canopée ou aucune lumière ne perce
Ici pas un bruit, les lampaflores ont pris le relais des étoiles, et une lumière bleue
Eclaire les ailes diaphanes des lucioles, des jeux d'ombres font s'élargir le sanctuaire
Des feux follets dansent entre les troncs, disparaissent et murmurent
D'autres sont arrivés ici, vous le savez maintenant à leurs suppliques muettes
Et pendant que les sables mouvants avalent vos genoux, l'oiseau entame un chant de mort
