Run Run Run

Run Run Run
Des fourmis dans les jambes, oh, oh, grosses comme ça
Des vieilles pierres et puis des hautes tours, des escaliers ivres
'08, voyages et paysages, eh! Envie de loin
Route 66, sans rancune, Lousiane, plus tard
Des lacs et des cailloux, des arbres et encore
Rien qui mérite qu'on en parle, tout tellement fort
Ca monte et ça descend, ca tourne et ça tangue, pas vu pas pris!
Elémentaire, la terre pas le feu, la Lune surtout, en nuances de vert
Des oiseaux qui migrent, tout pareil, juste plus bas
Et des auberges qui défilent comme si c'était comme ça?
Lalala oh lalala, plus vite, je sais juste quoi faire de ma peau
On the road again mais quand mais où, dis?
Allez! Qu'importe ! Le bitume avale l'imprudent

# Posté le mercredi 25 juin 2008 08:50

Modifié le jeudi 10 juillet 2008 19:33

Tambouille de cerveau

Tambouille de cerveau
Hey, mais c'est plein de poussière, par ici, il semblerait que le propriétaire soit du genre négligent. Allez, il est dommage de laisser périr un site, retroussons nous les manches. Ce ne sont pas les sujets de discussion qui manquent, avec de l'ambition il est possible d'aborder de nombreux domaines, et avec de la mégalomanie, de transformer Vici en Wikipedia. Non, non, ce n'est nullement l'objectif. Ici je viens raconter ce qui me passe par la tête et trop souvent ce sont des morceaux sombres qui ressortent. Il est vrai que j'ai pour usage de placer des textes plutôt mystiques, c'est déroutant de lire quelqu'un qui se parle à lui-même. J'en suis navré, rares visiteurs, c'est mon mur des lamentations personnel, j'y place quelques textes et je ne sais pas vraiment pour quelle raison. Je n'aime pas tant que ça les écrits solennels, ni même les lourdes discussions. C'est plus simple si je griffonne tout seul, j'ai l'esprit libéré et je peux passer à autre chose.

Les blogs ont mauvaise réputation, et pour cause : chacun y va sur sa petite vie, avec force récits d'exploits et photographies-témoins. Je fais de même avec mes textes, ils sont sans doute là pour me convaincre de ma propre importance. Si je ne grave pas que je suis là, on ne le fera pas à ma place, alors c'est ma marotte. Comme ces gestes que l'on fait par superstition, tous, alors qu'on se prétend rationnels, logique : prenez les bijoux, ils ont toujours une signification. On leur accorde des valeurs, on leur prête des vertus magiques : une alliance, un pendentif, ce sont autant de grigris qui n'ont d'autre valeur que de nous conforter, ils se transforment en talismans. Si la superstition était vraiment absente, qu'est ce qui différencierait un bel objet que l'on nous a offert de son exacte réplique dans la vitrine du premier magasin? Il existe des failles dans notre logique, comme celles d'accorder un sens à un tableau d'art contemporain ou de matérialiser les destinées d'un héros de cinéma.

Si des êtres artificiels avaient un jour des croyances et des idées propres, à partir de quel point pourrait-on considérer comme vivants des circuits qui ont été conçus? L'avortement pose la question intéressante de savoir à partir de quel moment on peut considérer un foetus comme un être vivant, au moins aux yeux de la loi. Et avec des êtres de métal et de plastique, ce sera pour quand? Les progrès sont rapides, certains sont impatients, d'autres un peu effrayés, très peu sont indifférents, dans le sens ou chacun à un avis sur la question. La science-fiction reprend souvent ce thème, les dernières décennies ayant instauré ce qu'on appelera peut-être plus tard l'ère cybernétique, virtuelle, en tout cas, informatique. L'Internet a tout changé, silencieusement, rapidement. Les rapports humains, les services et les possibilités ont été, sinon multipliées, tout au moins élargis. Alors un jour, il faudra faire face à la question des rapports humains / machine. Parler avec un clavier à un inconnu derrière un écran, est-ce vraiment différent de dialoguer avec une machine? Tout est artificiel, si ce n'est l'intelligence, dans cette relation. Et c'est précisément cette branche qui se développe avec le virtuel. Quand un programme sera suffisamment puissant pour avoir conscience d'en être un, prendre des décisions raisonnées et ressentir des sentiments, beaucoup de choses vont changer dans notre approche au monde et à la vie. Je suis convaincu que la mécanique peut remplir les mêmes fonctions que le biologique, je ne crois pas à l'âme, et je reste persuadé que toutes nos cellules qui réagissent par chimie peuvent être supplantées par des circuits. Le corps humain est complexe, mais dénué de toute magie. Notre esprit crée cette magie, elle est artificielle : notre vision du monde peut être emplie de mythes, notre corps reste un hôte, notre intelligence reste une série de choix infiniment (ou presque) complexe. L'homme a créé Dieu à son image, tant mieux, mais j'ai une préférence de sensibilité pour les récits de l'Oeuf-Monde, ou de la grande carapace de tortue sur laquelle on repose, ou encore sur les esprits des Eléments. Je trouve simplement les panthéons fantastiques plus colorés que la laborieuse hagiographie de l'occident. Il n'est pas question une seule seconde de croire qu'Athanor contrôle les flammes ou que l'esprit de la vie fait renaître les arbres morts : mais quitte à choisir entre la Bible et n'importe quel univers, je préfère encore voyager et rencontrer des feux follets, des dragons et des arbres. L'Histoire nous raconte déjà tellement d'histoires humaines passionnantes ou repoussantes.

Je ne sais plus où je voulais en venir, du coup. Tant pis, au début je ne savais pas vraiment avec quoi j'allais remplir cet article, mais c'est venu. On pourrait écrire des livres entiers sur le sujet, c'est un fait ; mais j'en viens à penser au paradoxe qui me travaille quand je pense à la vie. Je perçois les hommes comme des amas de chairs animées par des réactions chimiques, je vois les sentiments comme des choix dictés par des impulsions électriques résultant d'une série de décisions antérieures et je vois le caractère comme l'ouvre de facteurs tels que l'expérience, les gènes, l'état du cerveau et des substances qui le troublent, bref, je ne crois pas une seconde à l'âme. C'est froid, c'est désenchanté. Mais à côté de ça, je prête à notre esprit la faculté de créer toute la magie du monde, de produire du merveilleux, du surnaturel, là ou il n'existe qu'un vaste caillou dans un grand vide. Je sais que les étoiles sont des boules de gaz, mais je suis fasciné par elles et leur symbolique, je peux leur parler ou sentir un lien. Je sais que les autres humains sont des os, de la chair servant de corps à un esprit bouffi d'égoïsme, n'agissant jamais par altruisme, pourtant je recherche leur compagnie et trouve notre société fascinante. C'est comme si en faisant l'autopsie la plus pragmatique de notre condition, il était possible d'en tirer quelque-chose de beau, de magique. En percevant l'humain comme la plus bête des équations, le résultat apparait merveilleux. Rien n'a de sens, dans l'ordre des choses, et pourtant, notre cerveau a réussi à en imaginer, à en appliquer à tout ce qui nous entoure. Ce n'est pas donner la vie à un enfant qui est incroyable, c'est plutôt plaquer une aura au monde qui lui confère sa beauté et nous procure l'envie d'y évoluer.

Je ne sais toujours pas ou je voulais en venir. Qu'importe, il y a déjà trop de choses couchées ici, et j'ai des fourmis dans les jambes.

# Posté le mercredi 18 juin 2008 15:22

Modifié le jeudi 19 juin 2008 05:11

Echo de cauchemar

Echo de cauchemar
C'est donc fini. Le château que je pensais éternel a vu ses murailles s'effriter et tomber, il n'en reste que des ruines. Et les gravats aussi, étouffants, et je rêve que j'y suis enterré vivant. Vraiment?

Première hypothèse : Les choses vont pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pangloss a raison, et moi je regrette en vain. Une nouvelle chance, haut les coeurs, mais lesquels? Peine perdue, et tant pis : une coquille vide est mieux que rien.
Foutaises. Bas les masques.

Seconde hypothèse : Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille. Ni les oiseaux. Les ailes sont brûlées, j'ai vu le Soleil de trop près. Ou alors ce ne sont pas les ailes, ce sont les yeux qui sont aveuglés.
Le pathos n'est jamais la solution.

Troisième hypothèse : A quoi bon se poser la question? Il faut s'extirper de cette ruine, ne pas même fouiller les décombres. Ce n'était qu'une fraction de l'empire, même pas la plus importante. Le mien est riche. Et il me reste les plans si je veux en construire un autre : pas encore, mais c'est bon de le savoir.
On s'y approche.

Je n'ai pas fait tout ça pour rien. C'est peut-être le plus difficile à concevoir, mais c'est l'essentiel, c'est le coeur de la bête qui me traque. On ne grandit pas, c'est un mensonge.

Merci, voilà.

# Posté le samedi 07 juin 2008 11:29

Modifié le mardi 08 juillet 2008 05:44

Light the way

Forgée dans la contradiction, trempée par la détermination,
Ma tête dure comme fer qui encaisse coups après coups,
Protégée d'un voile cynique glacé, un rempart
Pour mes pensées enchantées, et j'ignore encore
L'adversité. Dans l'oeil du cyclone je reste debout
Je brandis cette lame -Conviction!

La colère grave dans ma peau des sillons
Qui arracheraient à d'autres des plaintes sourdes.
Je reste fier, comme un astre qui n'a pas choisi sa voie,
Plus fortement attaché à cette vie sans valeur
Depuis que j'emporte la compagnie d'un être cher.
Je suis aveugle et pourtant je vois plus loin que tous.

Ils ne me font pas peur et qu'ils viennent!
Je suis sans faille, car je n'ai rien à prouver,
Leurs discours résonnent dans un corps décharné.
C'est un fantôme qu'ils cherchent à abattre, je les regarde
S'acharner toujours plus nombreux et qu'ils aillent au Diable,
C'est un ami et je sais qu'une place leur est réservée.


Mise à jour le : 10/11/07

# Posté le jeudi 05 octobre 2006 13:10

Modifié le vendredi 09 novembre 2007 19:16

DRI

DRI
Nuit jour nuit camions qui défilent sans cesse sanf fin numéros numéros encore encore et les étoiles... clandestins et asphalte, dis mais pourquoi désespoir d'une cause qui ne finira pas in the rain in the rain bachétoléfrigovanciterne? encore des numéros PL D FR SLO GR H IRL I SP sans fin positif négatif positif négatif et le froid, qui mord hello merci au revoir
au revoir changement rotations cycles, sommeil, orange dans la nuit, seul, seul ou a deux ou a trois mais seul, iode et bitume et noir, sommeil mais dis quand ca s'arrete hein ca va s'arreter chasse a l'homme grotesque ils ne dorment jamais encore des numéros et des battements de coeur, oh oui, sans fin, sonde et sonde qui s'infiltre, traque, il est seul il a peur et il dort car demain il sera loin ou pas ou pas



Edit
Voici quelques explications à propos de cet article un peu décalé, qui a du surprendre par son incohérence.
J'ai travaillé cet été à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Calais, au service de la sécurité du port. Ce service, appelé DRI ou Détection- Recherches Instrumentées, consiste à filtrer les poids lourds qui embarquent pour la Grande-Bretagne pour empêcher le passage des clandestins. Par des machines plutôt sophistiquées (scanners, Heartbeat - des sondes posées sur les camions qui détectent les battements de coeur, comme un sthétoscope géant) nous pouvons analyser les camions, par une première approche (examen par la machine). Si le camion est négatif aux tests, nous le laissons continuer vers la douane qui se chargera d'examiner les papiers du véhicule et éventuellement un chargement illégal (drogues...). Si le véhicule est suspect, nous faisons ouvrir les portes ou les bâches afin d'effectuer un 'visuel' : nous rentrons à l'intérieur du camion pour examiner le chargement dans les détails. Si des 'non-accédants' s'y trouvent, nous prévenons la police aux frontières qui vient les embarquer en garde à vue.

Chaque camion est répertorié sur des fiches, avec ses caractéristiques : nationalité, immatriculation, type du véhicule, heure du contrôle... De jour comme de nuit, le traffic est incessant : un jour calme se situe a environ 500 camions, tandis qu'un jour de forte affluence peut aller jusqu'à 4000 véhicules. Les cycles de travail par équipe (une vingtaine d'hommes environ) sont de 8 heures, et le service tourne chaque jour 24/24h. Un tel dispositif est justifié par un risque fort : chaque jour, entre 20 et 60 passagers clandestins sont reperés dans le service.

Cachés dans les camions dans des conditions parfois abominables, ces hommes, femmes, enfants, prennent tous les risques pour rejoindre la Grande-Bretagne : camions frigorifiques à -28 degrés, hamacs improvisés sous les essieux. Parfois seuls dans un camion, parfois une dizaine, ils sont terrés, à moitié endormis afin de tromper les tests des machines (ralentissement du rythme cardiaque).
Quelques-uns d'entre-eux échappent aux machines. Certains rejoignent la Terre Promise. Pas toujours vivants.

# Posté le mercredi 23 août 2006 09:16

Modifié le jeudi 07 juin 2007 16:37