Mondes virtuels

Mondes virtuels
Impossible d'échapper au phénomène des jeux on-line, ces mondes persistants appelés MMORPG, ou 'tout simplement' jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs. World of Warcraft (WoW), Dark Ages of Camelot, Everquest, City of Heroes ou Final Fantasy XI (FFXI), ces jeux passionnent les foules et rassemblent des communautés de plus en plus importantes. WoW compte a lui seul près de 5 millions d'abonnés, et son succès ne faiblit pas ; une extension, Burning Crusade, prévue fin 2006, des nouveaux serveurs ouverts régulièrement, des goodies et effigies en tout genre. Un Atlas détaillé est même paru récemment, conçu de manière très sérieuse, présentant des cartes précises des régions du jeu : pour environ 25 euros, vous pouvez vous procurer un ouvrage relié de 192 pages qui traitent uniquement de la géographie du jeu vidéo!

Cet engouement du public pour les mondes virtuels s'explique en partie par l'immense richesse de ces jeux, des possibilités toujours plus variées, des graphismes enchanteurs, bref, un univers ou il est facile de s'identifier à des héros de légende. Et quand l'abonnement est payant (entre 9 et 12 euros par mois, en plus de l'achat du jeu), le but pour les éditeurs est de fidéliser une clientèle de joueurs : on vous prévient par exemple que votre personnage sera supprimé si vous ne venez pas régulièrement.. (3 mois ou 6 mois selon les jeux). Autre élément qui incite le joueur à rester devant son écran : l'esprit de compétition, la comparaison avec les autres. Le but est d'avoir le meilleur niveau, le meilleur équipement, une guilde compétitive, pour ne pas être dans la catégorie des 'noobs' : à la base, ce terme désignait les newbies, les débutants ; puis il est devenu très péjoratif, pour désigner un joueur maladroit, ou tout simplement quelqu'un qui à un équipement moyen. En fait, tout ceux qui ne passent pas leurs soirées et leurs week-ends a jouer...

Ces mondes virtuels persistants ont développé une économie parallèle ; les objets qui s'y échangent représentent tout un marché, et leur valeur peut être très variable ; certains objets courants (tissu, pain, vieille épée courte..) n'ont aucune valeur, tandis que des artefacts particulièrement rares (une vieille armure de légende, une épée sacrée..) sont très prisés par les joueurs, et donc sources de convoitises. D'où l'apparition de deux phénomènes:
-Les dupes ou hacking sont possibles sur certains jeux ; il s'agit de faire une copie d'un objet par des programmes de triche, ce qui fausse la valeur des objets, et donc le mérite des joueurs qui les trouvent.
-Plus étonnants, ces objets peuvent s'échanger contre de l'argent réél! Des sites se sont ainsi créés (en particulier sous Diablo II) pour vendre aux joueurs des objets virtuels contre de coquettes sommes.. et ca marche! De plus en plus de joueurs vont ainsi se fournir dans des boutiques virtuelles, qui n'hésitent pas a venir faire leur pub directement sur les canaux de discussion des jeux par des robots. Un exemple : sous Diablo II, certains objets coûtaient presque 79 euros... Ce marché d'objets virtuels touche notamment les pays du sud-est asiatique ; pour 2003, le marché des objets virtuels atteignait près de 17 millions de dollars en Corée du Sud!

Les jeux online occupent donc une place a part au sein de la communauté de joueurs et c'est un filon juteux pour le secteur du jeu vidéo (qui rappelons le, brasse beaucoup plus d'argent que l'industrie du cinéma..). Mais il existe un revers de la médaille : passer son temps sur de tels jeux, c'est bien souvent s'y impliquer un peu, beaucoup.. de plus en plus. Les témoignages ne manquent pas pour décrire la dépendance (le mot est lancé..) que ces jeux peuvent engendrer ; il suffit pour s'en rendre compte de visiter quelques forums de joueurs. Le travail, la famille, les résultats scolaires et les relations en sont les premières victimes ; la page d'introduction de FFXI est claire là-dessus : visiter ces mondes virtuels ne doit pas faire oublier le monde réél! Le problème, c'est que des accidents plutôt nombreux sont survenus, et qui remettent en cause le simple aspect 'ludique' de ces jeux vidéos. Il ne s'agit pas ici de condamner ces jeux ; c'est bien sûr l'usage que nous en faisons dont il est question. Nos problèmes, nous en sommes l'unique cause (petit clin d'oeil au post sur l'Associé du Diable).

Les problèmes d'argent (escroqueries de comptes, achats d'objets fantomes..) ne sont pas les plus graves : il s'agit ici de questions de santé. Les jeux sont prenants ; ils occupent une place importante dans l'emploi du temps, ne laissant pas de place pour le sport ou des activités en extérieur ; les guildes imposent parfois des temps de présence, des agendas à respecter sous peine de sanction. En Chine, des joueurs se sont laissés mourir devant leur écran ; récemment, une jeune fille nommée Slowly est décédée après plusieurs jours de jeu intensif. Des funérailles virtuelles ont été organisées.. Il ne s'agit pas d'un cas isolé : des accidents de ce genre sont signalés régulièrement. Les autorités de certaines pays ont interdit de jouer plus de trois heures consécutives, sous peine d'amendes!

Pour expliquer cette fascination pour les mondes virtuels au point d'en délaisser sa propre vie, quelques hypothèses proposent l'explication suivante : ces jeux nous offrent tout simplement une vie idéale, un monde où il est facile de briller, de partager et de vivre des expériences grandioses ; dans notre monde désenchanté, ces univers offrent une illusion d'alternative, celle d'incarner un avatar, reflet de nos fantasmes, portail de nos rêves d'aventure. Dans ces mondes, le joueur se sent plus fort, plus puissant, plus libre.

J'ai été longtemps joueur de World of Warcraft, et j'avoue que l'expérience est grisante ; il est rééllement difficile de se détacher de ces mondes (dans mon cas, c'est un problème technique qui m'a 'aidé' : mon ordinateur n'est simplement pas assez puissant.. ). J'aurais souhaité avoir quelques opinions de la part de joueurs de MMORPG, réguliers ou occasionnels, et aussi l'avis extérieur de ceux qui n'ont jamais essayé encore ; le regard porté à ces jeux, si l'envie vous tente, vous repousse, vous laisse indifférent.

(Je peux développer un article sur World of Warcraft, ou revenir sur quelques points obscurs, si on me fait la demande)

Lexique:
MMORPG : Massive Multiplayer Online Role Playing Game. Un jeu qui rassemble des milliers de joueurs simultanément, dans des univers immenses, et qui met l'accent sur les relations entre les joueurs : entraide, compétition, rencontres.
Monde persistant: Un univers virtuel qui reste ouvert en permanence, et qui évolue et continue d'exister même quand vous n'êtes pas connecté.
Noob, Newbie : Un débutant, un joueur qui ne connait pas bien le jeu. Terme qui est malheureusement devenu insultant (On dit aussi : un Kevin..)
Avatar : Le personnage que vous incarnez, qui peut être personnalisé et qui gagnera en puissance, évoluera selon vos choix.
(Si d'autres termes vous ennuient, signalez le moi, et je compléterai)

# Posté le mardi 15 novembre 2005 10:04

Modifié le jeudi 07 juin 2007 16:37

Ambition & Amour

Ambition & Amour
Le sujet sur l'Associé du Diable me procure une excellente occasion de développer un débat sur l'ambition. Dans le film, Kevin Lomax veut être le meilleur, chaque difficulté est un défi pour prouver ses capacités ; il n'aspire qu'a la fortune, le pouvoir, le succès, la gloire..

Pour certains, l'ambition permet d'accomplir de grandes choses, c'est elle qui nous pousse a aller plus haut. C'est un doux rêve d'immortalité ; graver son nom pour qu'on ne l'oublie pas. L'ambitieux ne supporte pas la comparaison avec les masses, avec ces foules anonymes: son nom doit briller plus que les autres.

"Il faut craindre que l'ambition ne soit la couverture de l'orgueil, mais que la modestie ne soit qu'un prétexte à la paresse."
Henri Monnier

Ainsi, ce ne serait qu'une histoire de courage, de volonté? Un critère pour définir celui qui aspire a de grandes choses, et les autres? Tous les grands hommes, ceux qui ont laissé leur empreinte de géant dans l'Histoire, ont été animés par une forte ambition : César, Louis XIV, Richelieu, Napoléon, pour ne citer que les plus connus. Mais la gloire suffit-elle à rendre un homme heureux?

Il existe une distinction entre la réussite sociale d'un homme et sa capacité à atteindre la béatitude ; la satisfaction de son ambition n'est pas un gage de réussite dans ses amours, dans ses passions plus modestes, dans tout ce que nous appelons habituellement la vie privée. L'exemple du film est parlant : Lomax réussit dans sa vie professionnelle en sacrifiant le temps qu'il accordait à sa femme ; il ne la voit plus, elle ne fait pas partie de son rêve. Pourquoi ne se contente-elle pas de l'argent qu'il lui donne tous les mois pour s'amuser, pourquoi vient elle l'ennuyer avec ses petits soucis quand il a des projets grandioses?

L'ambition est un sentiment qui cherche à exalter un individu, à faire briller son égo ; l'amour n'y a pas sa place, puisqu'il exige des sacrifices : il faut accorder du temps à l'autre, lui porter de l'attention, faire l'effort de laisser passer ses soucis au second plan pour être réceptif. De la même façon, il est difficile d'accepter les ambitions de l'être aimé : quand on se rend compte que l'on n'a pas sa place dans le rêve de la personne qu'on aime, on se sent exclu, délaissé, et ce rêve devient objet de haine. La jalousie devient trop forte, invivable.

Existe t-il alors un espoir de concilier amour et ambition?
Faut il chercher un compromis, des sacrifices, un équilibre?
Chacun apportera une réponse en fonction de ses aspirations personnelles - certains parleront de priorités -, mais il est intéressant de voir les différentes facettes d'un choix : la recherche du triomphe personnel ou de l'harmonie complice d'un couple.
On pourra bien sûr étendre ce débat à : l'ambition est-elle est une force de caractère ou une vaine obstination? Et l'humilité est-elle une faiblesse, ou la force d'assumer sa condition?

# Posté le samedi 12 novembre 2005 09:47

Modifié le lundi 11 juin 2007 11:26

L'Associé du Diable

L'Associé du Diable
Avec un titre comme celui-ci, on pouvait s'attendre a tout, ou presque. Les films ayant pour sujet le Diable s'enfoncent trop souvent dans le classique topo manichéen du Bien contre le Mal, et s'ensuit une avalanche de scènes spectaculaires ou glauques destinées à éprouver la foi du héros ; rien de nouveau, il s'agit d'impressionner, pas de discuter théologie.

Il y a peut-être un coté rassurant dans ces films, qu'ils parlent du Diable, d'envahisseurs extra-terrestres ou d'un groupe de terroristes sanguinaires : L'Ennemi est incarné, c'est une entité à combattre et les nations s'unissent, les peuples deviennent frères (Independance Day semble illustrer a merveille mon propos).
Et si nous sortions de cette approche un peu simpliste? Ne nous voilons pas la face, rien n'est tout blanc ou tout noir ; nos problèmes, nous en sommes l'unique cause.

L'ambition : c'est le thème du film dont je vais vous parler, l'Associé du Diable. Ce sera la source des problèmes d'un jeune avocat tout a fait brillant, campé par un Keanu Reeves inspiré. Bien sûr, l'ambition nous pousse à aller de l'avant, à nous surpasser pour accomplir de grandes choses ; et quand on est jeune et talentueux, c'est encore elle qui nous souffle à l'oreille que notre nom se détachera de tous ces anonymes. L'ambition, celle qui nous fait tous dire un jour 'je vaux mieux que ca!', qui va inonder tout l'être de Kevin Lomax jusqu'a le noyer.

Kevin Lomax vit avec sa femme dans un village perdu de la Floride, dans un appartement vétuste. Il est avocat, et c'est le meilleur : qu'ils soient coupables ou non, il parvient a les faire acquitter, comme ce professeur de mathématiques soupçonné d'avoir violé une fillette. Sa technique? Faire perdre toute crédibilité à l'accusation, destabiliser les témoins, et se mettre les jurys dans la poche. Ainsi, son éloquence lui vaut d'être remarqué par un grand cabinet d'avocat New-Yorkais.

New-York? C'est une occasion inespérée, c'est la chance d'une vie pour le jeune couple. Un poste à responsabilité, un somptueux appartement et des fins de mois permettant toutes les folies, voila de quoi faire tourner la tête. Mais bien vite, l'appartement devient trop grand, et l'argent appele l'argent ; les succès de Kevin Lomax s'enchainent, mais lui prennent tellement de temps.. Sa femme tourne en rond dans cette cage dorée, et l'ennui cède la place a la frustration, puis viennent les regrets. Sa santé se déteriore, mais Lomax n'a pas le temps ; il est sur une grosse affaire, peut-être le procès de l'année. Il est encouragé par son patron John Milton, ou Al Pacino dans l'un de ses meilleurs rôles, sans doutes. Celui-ci est une pointure des affaires de la Grosse Pomme, personnage haut en couleurs qui exerce une véritable fascination sur son protégé - et sur le spectateur. Milton semble tout contrôler, connaître tant de langues et de cultures, tout lui réussit. On plaisante même qu'il ne dort jamais..

Pour Lomax, tout se complique quand le procès qu'il pensait gagné d'avance commence a traîner en longueur, a prendre une mauvaise tournure pour son client. Acharné dans son labeur, il ne voit pas sa femme qui a tant besoin de lui, qui commence a faire des cauchemars. Il reste sourd a ses plaintes, à ses mises en gardes contre ce Milton dont elle se méfie. En fait, elle l'agace ; et puis, n'y a t-il pas cette femme qui l'obsède, sa collègue, belle et brillante et qui, elle, saurait comprendre ses ambitions...?


L'Associé du Diable est un film noir, qui propose de suivre l'apogée d'un homme, puis sa chute, sa descente aux enfers.
Peu à peu, les engrenages s'enclenchent, les masques tombent, l'envers du décor se révèle. La démagogie du Diable est son arme la plus efficace.
Je n'en dis pas plus sur le film : il est temps pour vous de le découvrir, chacun y décelera des nuances, des éléments différents. Moi, j'y ai vu une satire sur l'ambition (cf. le post suivant sur l'Ambition), mêlée d'une touche de réflexion sur le système judiciaire : quels arguments peuvent innocenter un homme qui à du sang sur les mains? Quelle est la part de neutralité à adopter quand un avocat doit défendre un criminel? Qu'est ce qui fait vraiment la force de persuassion d'un avocat : les preuves qu'il apporte, ou sa rhétorique, son éloquence?

Titre : L'Associé du diable
Titre oiginal : The Devil's Advocate
Réalisation : Taylor Hackford
Scénario : Jonathan Lemkin, Tony Gilroy
Avec: Al Pacino, Keanu Reeves, Charlize Theron
Date de sortie : 1997
Film américain
Genre : fantastique
Durée : 140 minutes
Public adulte

(Mention spéciale au générique de fin : Paint it Black, des Rolling Stones!)

# Posté le jeudi 10 novembre 2005 12:31

Modifié le jeudi 07 juin 2007 16:37

Franck Dubosc: Romantique

Franck Dubosc: Romantique
Coucou à tous

Je vais au Zenith de Lille ce soir, pour voir Franck Dubosc dans son spectacle 'Romantique'..

Merci Coco! (cétait mon cadeau d'anniversaire - d'ailleurs, j'ai un concert de Saez aux Bouffes du Nord a vous raconter.. merci ange ;) -)

Je vous raconte tout ca demain, promis, bonne soirée a tous :)

EDIT:
Bonjour.. alors, comme promis, quelques imrpessions a chaud sur le spectacle de Franck Dubosc!

Déja, impressions sur la salle, le Zenith de Lille : une ambiance vraiment très sympathique, un public nombreux (la salle était pleine a craquer) conquis d'avance, et une organisation sans faille : deux écrans géant retransmettaient la scène et donc les expressions du comique, ce qui n'était pas un luxe pour les gens situés dans le fond. Un bon point pour la salle donc!

Ensuite, Mr Dubosc.. En grande forme! Comme d'habitude, tout est travaillé, tout est préparé, aucun détail n'est laissé au hasard : ses dialogues comme ses pas de danse ou ses lancers de chaise (!) sont assurément le fruit de longues répétitions!
Et comme d'habitude, ses répliques font mouche, les deux heures de sketches filent a une vitesse folle. On retrouve avec plaisir ses personnages fétiches (Sandy, Véro, nos amis campeurs) pour des situations inédites.

Dubosc, c'est selon les goûts, Coco, Will et moi avons adoré. Et le public aussi, qui en redemandait! Son spectacle est sur le thème de l'amour, et il aborde le romantisme avec la délicatesse qu'on lui connait..

Quelques moments choisis?
-L'aterrissage du BOEING 747 dans la Pampa sur air de rock'n'roll, ou comment devenir un héros..
-Le camping avec Jacky, et le volley avec les hollandais.. sans oublier les camps nudistes.
-L'asile, ou comment jongler avec une dizaine de rôles différents, une prouesse.

A cette occasion, je remercie Coco et Will pour cette excellente soirée, et ca m'a fait plaisir de vour revoir.

Voila..

# Posté le mardi 08 novembre 2005 10:26

Modifié le jeudi 07 juin 2007 16:37

Abandonwares

Abandonwares
Un abandonware!
Sous ce nom compliqué se cache un concept très simple : c'est un logiciel qui n'est plus en vente par les éditeurs, et qui est rendu disponible gratuitement sur le net!

Vous pouvez donc télécharger ces jeux sans problème, et retrouver des petites perles comme Civilization ou Theme Hospital.. Mention spéciale à ce bon vieux Blood, toujours aussi jouissif, qui n'a pas vraiment vieilli, et qui ravira les amateurs de doom-like très glauques et malsains..

Voici la définition donnée par le site de Lost Treasures FR :
"Un abandonware (ou "logiciel abandonné" en français) est un jeu dont les éditeurs ou producteurs légitimes n'assurent plus la vente, ni le service après vente depuis longtemps. Ces jeux étant laissés à l'abandon, ils ne sont plus une source lucrative pour leurs auteurs.
Un site proposant des jeux abandonwares doit être totalement gratuit, c'est à dire qu'aucune contribution monétaire n'est nécessaire pour télécharger un jeu."


Voici un site particulièrement bien fourni :
http://www.abandonware-france.org

Bon amusement!

# Posté le dimanche 06 novembre 2005 08:17

Modifié le lundi 11 juin 2007 11:27